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Pilotage RSSI10 min de lecture

Budget cyber 2026
Comment les RSSI de PME et d'ETI défendent — et obtiennent — les ressources qu'ils méritent

Budget cyberRSSICOMEXPME ETIPilotage

Présenter un budget cyber à votre direction n'est pas un exercice technique. C'est un exercice stratégique. Voici le cadre que les RSSI qui obtiennent des budgets utilisent vraiment.

Ce qu'il faut retenir

  • Défendre un budget cyber est un exercice stratégique, pas technique : parlez risque, exposition et création de valeur, pas CVE.
  • Le cadre des 3 scénarios (A/B/C) permet à la direction de décider du niveau de risque qu'elle accepte — pas seulement d'un montant.
  • Un RSSI outillé (posture temps réel, reporting board) défend un budget chiffré et priorisé bien plus facilement.

Le RSSI qui a obtenu 40 % de budget en plus — et celui qui n'a rien eu

Deux RSSI. Deux PME françaises du même secteur. Même taille, environ 800 salariés. Même niveau d'exposition réglementaire, NIS2 en approche.

Le premier RSSI arrive en comité de direction avec un tableur de 12 lignes. Licences, matériel, prestataires. Total : 380 000 €. La direction demande pourquoi c'est plus élevé que l'année dernière. Il explique que les menaces augmentent. La direction répond qu'il faudra faire avec 300 000 €. Fin de la réunion.

Le deuxième RSSI arrive avec trois slides. Il commence par les risques actuels non couverts — avec un chiffrage de l'impact si l'un d'eux se matérialisait. Il montre l'écart entre posture actuelle et ce qu'exige NIS2 d'ici fin 2026. Il propose deux scénarios : 320 000 € (couverture minimale, risques résiduels listés) ou 410 000 € (couverture cible, risques résiduels acceptables). La direction choisit le scénario à 410 000 €. Et elle valide.

La différence n'était pas dans les chiffres. C'était dans le cadre.

Étape 1 — Traduire les risques cyber en risques business

Risque cyberTraduction businessImpact estimé
Ransomware sur les systèmes de productionArrêt d'activité partiel ou total50 000 à 500 000 € selon la durée
Fuite de données clientsSanction RGPD + perte de confiance4 % du CA mondial ou 20 M€ (RGPD)
Compromission d'un prestataire critiqueInterruption de service + responsabilité contractuelleVariable selon les SLA
Incident NIS2 non déclaré dans les délaisSanction ANSSIJusqu'à 10 M€ ou 2 % du CA global

Étape 2 — Présenter des scénarios, pas une demande

Une seule demande budgétaire met votre direction en position de négocier le chiffre. Deux ou trois scénarios la mettent en position de choisir un niveau de risque.

Scénario A
Statu quo

Budget actuel maintenu. Voici les risques ouverts et leur probabilité d'impact estimée sur les 12 prochains mois.

Scénario B — Recommandé
Couverture NIS2 minimale

Conformité NIS2 + couverture des risques les plus critiques. Risques résiduels explicitement listés.

Scénario C
Couverture cible

Posture cyber robuste alignée sur le profil de risque. Exposition globale significativement réduite.

Étape 3 — Quantifier le coût de l'inaction

  • Coût d'un incident ransomware pour une PME de 500 à 1 000 salariés : 250 000 € à 1,2 M€ (coûts directs + indirects, ANSSI et Hiscox 2025)
  • Coût moyen d'une violation de données pour une PME : 4,5 M€ selon IBM (2025), dont 60 % de coûts indirects
  • Durée moyenne d'interruption après ransomware : 21 jours pour une PME sans plan de reprise formalisé

La question devient : "Est-ce qu'on accepte un risque de 800 000 € pour économiser 80 000 € ?" C'est une tout autre conversation.

Les 5 erreurs qui font couler un budget cyber en COMEX

Erreur 1 — Présenter en termes techniques

"Renouvellement de l'EDR, upgrade du SIEM" n'a aucun sens pour un DAF. Traduisez : "Protection renforcée contre les ransomwares — détection en 4h au lieu de 48h."

Erreur 2 — Mettre la conformité en avant

"On a besoin de ça pour être conformes NIS2" est une pression externe. Les directions répondent mieux à "voici le risque que ça couvre pour notre organisation."

Erreur 3 — Ne pas anticiper les objections

Votre DAF va demander pourquoi c'est plus élevé que l'année dernière. Préparez des réponses factuelles aux 3 objections les plus fréquentes avant la réunion.

Erreur 4 — Pas de données sur l'année écoulée

Avant de demander le budget de l'année à venir, montrez ce que vous avez fait de celui de l'année passée. Si vous ne pouvez pas le montrer, c'est le signal d'un problème de pilotage.

Erreur 5 — Ne pas demander une décision documentée

Assurez-vous que le choix de la direction est documenté (PV de réunion, email). Si un incident survient sur un risque résiduel assumé, cette documentation est votre protection — et celle de l'organisation.

Questions fréquentes

Comment présenter un budget cyber à sa direction ?+
En 3 slides : (1) Notre exposition actuelle — les 3 à 5 scénarios de risque les plus probables avec leur impact financier estimé. (2) Ce que le budget couvre — investissements clés en langage business avec la réduction de risque associée. (3) Ce qu'on ne couvrira pas — les risques résiduels et une décision documentée de la direction sur leur acceptabilité.
Quel est le budget cyber recommandé pour une PME/ETI ?+
Les PME et ETI françaises allouent en moyenne 3 à 6 % de leur budget IT à la cybersécurité. Pour les organisations soumises à NIS2 ou DORA, le benchmark européen recommande 8 à 12 %. L'écart est structurel — lié à la façon dont les budgets sont présentés plutôt qu'à une réelle résistance des directions.
Quel est le coût moyen d'un ransomware pour une PME française ?+
Selon les données ANSSI et Hiscox 2025, le coût d'un incident ransomware pour une PME de 500 à 1 000 salariés se situe entre 250 000 € et 1,2 M€ (coûts directs + indirects). La durée moyenne d'interruption sans plan de reprise formalisé est de 21 jours.

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